La bataille de la Somme (1916) - Musée de la Grande Guerre

À noter :
Le musée sera exceptionnellement fermé le samedi 20 juillet (en raison du passage de la flamme olympique).

Fermeture annuelle du 19 août au 6 septembre 2024.
Réouverture le samedi 7 septembre pour le week-end de reconstitution historique.

11.16.22

Parmi les batailles de la Première Guerre mondiale, celle de la Somme en 1916 est l’une de celles qui a le plus marqué le Royaume-Uni et ses colonies, qui ont représenté la principale force durant cet affrontement. Que s’est-il passé durant cette bataille et quelle a été son issue ?

Le contexte de la bataille

Si l’année 1915 a vu de nombreuses batailles se dérouler sur le front occidental de la Grande Guerre, depuis la fin de la course à la mer qui a fait suite à la Première bataille de la Marne, le conflit s’est essentiellement enlisé. Chaque camp reste dans ses tranchées et aucun ne semble être en mesure de prendre le dessus.

Dans l’objectif d’enfin réaliser une percée décisive, le maréchal Joffre préconise de lancer un assaut massif dès 1916. Une opération franco-britannique se prépare alors sur le front de la Somme. Cependant, avec la bataille de Verdun qui mobilise de nombreux Français, les Britanniques finissent par former la principale force alliée pour cette bataille.

L’assaut du 1er juillet 1916, un jour noir pour l’armée britannique

Avant de lancer l’attaque, il est décidé d’affaiblir les positions allemandes en bombardant lourdement leurs tranchées pendant plusieurs jours. Plus de 1 500 000 obus ont été tirés rien que par l’artillerie britannique. Pourtant, les tranchées allemandes résistent, grâce à leur bonne conception. On retrouve plusieurs lignes, avec des abris profonds et renforcés qui offrent une couverture efficace.

Cependant, les Britanniques n’ont pas conscience du fait que leur bombardement n’a pas eu l’effet escompté. Le 1er juillet 1916, lorsqu’ils montent à l’assaut, les soldats ont reçu l’ordre d’avancer au pas, plutôt que de courir, pour éviter de se disperser. En face, les Allemands ont donc tout le temps de s’organiser et de tirer à la mitrailleuse sur ces assaillants. Quant aux Britanniques attendant leur tour de partir à l’attaque dans les tranchées, leur sort n’est guère plus enviable : ils sont la cible de l’artillerie allemande.

Malgré tout, les Britanniques parviennent à prendre les tranchées allemandes. Malheureusement, la contre-attaque les force à reculer. Au sud du front, l’assaut français et britannique atteint son objectif, mais ne progresse pas davantage.

Ce premier jour de la bataille de la Somme est catastrophique pour le Royaume-Uni, puisque plus de 57 000 hommes sont mis hors de combat et 10 000 ont perdu la vie. Certaines unités sont pratiquement exterminées, avec notamment le régiment de Terre-Neuve qui a perdu 92 % de ses 865 hommes, soit 801 soldats. C’est tout simplement le jour le plus meurtrier de l’histoire de l’armée britannique.

Somme - Le Chemin creux
Somme - Le Chemin creux

De juillet à novembre : de difficiles progrès

La suite de la bataille voit de nombreux affrontements, avec notamment les batailles suivantes qui se concluent par des victoires pour les alliés :

  • la bataille de Pozières (23 juillet au 16 août 1916) ;
  • la bataille de la crête de Bazentin (14 juillet) ;
  • la bataille du bois Delville (14 juillet au 3 septembre).

De leur côté, les Français progressent également et prennent le plateau de Flaucourt en juillet. Cependant, les gains territoriaux sont faibles et sont acquis au prix de nombreuses vies. Les Allemands, face au risque de voir leurs lignes percées, transfèrent des soldats de Verdun, soulageant la pression sur les armées françaises dans cette bataille.

À partir de septembre, les conditions deviennent plus difficiles, à cause de la pluie qui rend le terrain peu praticable. Cependant, les assauts continuent avec plusieurs batailles telles que :

  • la bataille de Ginchy (9 septembre), à l’issue indécise ;
  • la bataille de la crête de Thiepval (du 25 au 28 septembre), une victoire alliée ;
  • la bataille de la ferme du Mouquet (du 8 août au 27 septembre), une victoire alliée ;
  • la bataille de Morval (du 25 au 28 septembre), une victoire alliée.

Au mois de septembre, la bataille de la Somme voit l’apparition d’une arme nouvelle : le char d’assaut. Le 15 septembre 1916, les Britanniques utilisent pour la première fois le char Mark I. Si son impact psychologique est fort (il terrifie les ennemis et galvanise les assaillants), son utilité reste cependant limitée. Il est en effet handicapé par sa lenteur (à peine 6 km/h) et beaucoup tombent en panne ou se retrouvent bloqués sur le terrain accidenté. Finalement, seuls 9 des 49 chars prévus pour l’assaut atteignent les tranchées ennemies. Malgré leur bilan mitigé, ils ont été un soutien important pour la prise de Courcelette et Martinpuich.

Le 26 septembre, les alliés parviennent à prendre Combles et Thiepval. Par la suite, les mois d’octobre et de novembre voient peu de progrès.

Soldats pendant la bataille de la Somme (1916)

Comment a pris fin la bataille de la Somme de 1916 ?

La bataille de la Somme de 1916 prendra fin sans qu’aucun camp ne prenne clairement l’avantage sur l’autre. Dès mi-novembre, les conditions météorologiques se dégradent fortement, avec de la pluie et de la neige qui empêchent tout assaut de réussir. Douglas Haig, commandant en chef des forces britanniques en France, décide d’arrêter les offensives britanniques le 21 novembre. Environ un mois plus tard, le 18 décembre, le maréchal Joffre prend la même décision pour les troupes françaises. C’est la fin de la bataille.

Prisonniers allemands - Bataille de la Somme
Prisonniers allemands - Bataille de la Somme

Quelles ont été les conséquences de la bataille de la Somme de 1916 ?

La bataille de la Somme, bien qu’elle ait vu des progrès pour les alliés, est loin d’être la percée espérée par le commandement. Après cinq mois de combats, les armées ont progressé d’à peine 12 kilomètres au nord de la Somme et 8 kilomètres au sud et aucun des objectifs principaux (les villes de Maricourt et Sailly-Saillisel) n’est atteint.

Le bilan humain de la bataille est très lourd. On compte environ :

  • 170 000 morts et disparus pour l’armée allemande ;
  • 206 000 morts et disparus pour l’armée britannique ;
  • 67 000 morts et disparus pour l’armée française.

Soit un total de plus de 400 000 morts.

Quant aux blessés, ils sont plus de 600 000 avec environ :

  • 267 000 pour l’Allemagne ;
  • 213 000 pour le Royaume-Uni ;
  • 136 000 pour la France.

Ce qui représente un total de plus d’un million de soldats morts, disparus ou blessés pour un gain de quelques kilomètres.

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