Le travail des femmes

Dans l’industrie, l’emploi se féminise aussi. Les femmes étaient déjà présentes dans les usines, dans les secteurs du luxe, du textile, dans les conserveries et à des postes d’emballage. Elles sont appelées dès la fin de l’année 1914 pour rejoindre les usines d’armement qui doivent alimenter le front.

Le travail des femmes

Dans les champs

La mobilisation générale intervient en pleine période des moissons. Les françaises vont donc devoir remplacer les hommes mobilisés dans les champs. Les récoltes, les vendanges et la préparation de la saison suivante sont au cœur de l’appel qui n’imagine pas encore l’enlisement du conflit. On attend de la campagne qu’elle nourrisse le front.

Aidées par les hommes restés à l’arrière, souvent les plus faibles et les anciens, elles sont plus de trois millions d’ouvrières agricoles. Dans un monde rural où elles ont toujours travaillé, le matériel inadapté et le manque de bétail les contraignent à des tâches pénibles comme tirer la charrue ou faucher sans cheval, les animaux de traits ayant été réquisitionnés. Pour faciliter leur quotidien, les outils mécanisés apparaissent pendant le conflit, comme la moissonneuse-batteuse lieuse McCormick.

Dans les usines

Le travail des femmes

Dans l’industrie, l’emploi se féminise aussi. Les femmes étaient déjà présentes dans les usines, dans les secteurs du luxe, du textile, dans les conserveries et à des postes d’emballage. Elles sont appelées dès la fin de l’année 1914 pour rejoindre les usines d’armement qui doivent alimenter le front. Surnommées les « munitionnettes », ces ouvrières, subissant des conditions de travail très éprouvantes, tournent 2 500 obus de 75, soit 4 500 kg de métal, plus de dix heures par jour.

Le reste des emplois traditionnellement réservés aux hommes est également peu à peu occupé par les femmes : conductrice de tramway, postière ou balayeuse, elles investissent le monde du travail. En 1918, 450 000 femmes travaillent en salopette et pantalon pour maintenir l’effort de guerre.
La mobilisation des femmes dans les usines participe au renouvellement du militantisme ouvrier. Les manifestations se multiplient en 1917 avec 10 000 cousettes parisiennes (ouvrières de la couture) en grève pendant deux mois pour protester contre leurs salaires plus bas que ceux des munitionnettes. Elles obtiennent un congé payé supplémentaire ainsi qu’une augmentation de salaire et des primes.

Dans les services de santé : les infirmières

Le travail des femmes

Après la guerre de 1870, des sociétés de secours aux blessés sous l’égide de la Croix-Rouge apparaissent. A la veille de la guerre, la Croix-Rouge compte 250 000 adhérentes. Parallèlement, d’autres initiatives se multiplient : école privée de l’Assistance Publique en 1905, école d’infirmières de la Salpêtrière en 1907.
En France en 1914, 23 000 diplômées sont réparties dans 754 hôpitaux militaires de l’arrière. Elles aident les médecins, nettoient les plaies, assistent et accompagnent ceux qui souffrent : l’infirmière est souvent le dernier contact féminin avant la mort.
Surnommées les anges blancs, les infirmières sont louées pour leur dévouement et l’aide qu’elles apportent. Si les infirmières de métier sont appréciées des médecins, les jeunes engagées le sont moins, de par leur faible expérience et les suspicions de cupidité et de mœurs dépravées. La vie des infirmières est alors peu à peu règlementée : internat, uniforme avec voile d’inspiration religieuse, rétribution modeste.