Le rail pendant la Grande Guerre - Musée de la Grande Guerre

Le musée est ouvert lundi 20 mai de 9h30 à 18h.

Le rail pendant la Grande Guerre

Johanne Berlemont, responsable du service conservation du musée | 10.26.23
Wagons

Après la défaite de 1870, le Ministère de la Guerre a bien compris l’importance des voies ferrées pour déplacer efficacement les troupes, comme l’avait fait l’Allemagne.
Le chemin de fer occupe une place considérable lors du premier conflit mondial.

En août 1914, les trains sont utilisés pour déplacer un nombre important d’hommes rapidement. Avec la guerre qui s’installe dans la durée, l’exploitation des chemins de fer permet de ravitailler les troupes en nourriture, en matériels, et en munitions. Ainsi, le développement des chemins de fer, des locomotives et des wagons occupe une place stratégique primordiale.

La guerre se prépare aussi à l’arrière. Les trains sont monopolisés au service de la guerre. Beaucoup de trains de service commercial sont supprimés au profit des convois militaires. C’est le Ministère de la Guerre qui se charge du développement des chemins de fer.

Dès la bataille de la Marne, le manque de munition se fait vivement sentir. La question de la répartition des munitions prend une importance primordiale. Le ravitaillement devient une des principales préoccupations du commandement qui le dirige étroitement à tous les échelons. C’est avec la bataille de Champagne et la bataille de Verdun que l’on voit l’importance du ravitaillement des munitions par les chemins de fer. Les chantiers se multiplient, le personnel augmente et les wagons se développent pour s’adapter aux exigences de la guerre. A partir de Verdun, le trafic augmente considérablement.

Il y avait douze compagnies dispersées dans la France pour avoir un champ d’action plus large. Un régiment était constitué de 450 officiers et 21500 sous-officiers. Par ailleurs, le 5ème régiment du Génie basé au camp des Matelots à Versailles, crée le 11 juillet 1889, est chargé des travaux des voies ferrés. Leurs missions étaient nombreuses : la préparation des offensives, l’alimentation des champs de bataille, l’acheminement des vivres, des munitions et des armes pour Verdun.

Même si les chemins de fer se sont beaucoup développés et modernisés au cours de la guerre, les lignes étaient souvent surchargées et saturées éternisant les trajets. Les avions ennemis n’hésitaient pas à bombarder les convois.
De plus, certaines gares, souvent trop petites, n’étaient pas adaptées pour décharger et recevoir certains types de ravitaillement comme les munitions. Les locomotives et les wagons n’étaient pas toujours compatibles entre eux (attelages dissemblables, nombre et hauteur des tampons différents, diversité des systèmes de freinage). Ce n’est qu’après un certain temps que les rames sont devenues homogènes.