Couleurs de guerre - Musée de la Grande Guerre

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Exposition temporaire

04 avril 2026 > 03 janvier 2027

Compris dans le billet d'entrée du musée
Pas de réservation au préalable

Couleurs de guerre

« Les capotes bleues et les pantalons rouges se détachent en teintes vives ; les plats de campement, les bouthéons, les gamelles brillent malgré la lumière pauvre. »

Maurice Genevoix, Sous Verdun, 12 septembre 1914

La Grande Guerre a été fixée en noir et blanc dans des centaines de milliers de photographies. C’était alors la manière principale de saisir les scènes du front ou la vie de l’arrière. Mais ce n’était pas la réalité pour les hommes et les femmes du temps. Leur réalité était en couleurs. Au cours de l’été 1914, les champs étaient couverts de blé blond et les uniformes des soldats français étaient chamarrés. Dans les tranchées, la boue était brune et les soldats portaient des uniformes de teintes discrètes.

Pour les hommes, les couleurs de leur environnement, de leurs tenues, de leurs objets sont porteuses de sens. Dans les sociétés, les couleurs véhiculent des histoires, des symboliques ou des tabous, des sens cachés qui influencent les environnements, les comportements, le langage ou l’imaginaire. Que ce soit dans l’art, l’architecture, la publicité, les objets usuels, les vestiaires civils ou militaires, tout est régi par ce code non écrit de la couleur.

À découvrir à partir du 4 avril 2026, cette nouvelle exposition du musée de la Grande Guerre s’attache à  raconter la place des couleurs dans la culture matérielle de cette période de l’Histoire. En couvrant les domaines scientifiques, techniques, économiques et sociétaux, le musée de la Grande Guerre affirme son ambition scientifique.

Cette exposition a reçu le label d’exposition d’intérêt national par la Direction régionale des affaires culturelles Île-de-France (DRAC).

Jusqu’au 3 janvier 2027

Le parcours de visite de l’exposition « Couleurs de guerre »

Le parcours débute par une définition de la notion de couleur, des méthodes de fabrication des colorants et pigments ainsi que des usages des couleurs par l’homme dans son quotidien,son vestiaire et dans les arts.

I- Qu’est-ce que la couleur ?

Cette première partie de l’exposition explique de manière didactique et accessible ce qu’est la couleur.
La couleur est avant tout un phénomène physique : elle apparaît de la rencontre entre la lumière et la matière. Au 17e siècle, Isaac Newton met en évidence le lien entre la lumière et les longueurs d’onde, et identifie les différentes teintes du spectre visible. Au 19e siècle, Michel-Eugène Chevreul approfondit cette compréhension en distinguant trois dimensions fondamentales : la teinte, la clarté et la saturation.
Mais la couleur ne se résume pas à une réalité scientifique. Elle est aussi une construction culturelle et une expérience sensible et personnelle. Sa perception et sa signification évoluent selon les époques, les sociétés et les individus.

II- Les autochromes de la Grande Guerre

L’exposition présente une sélection remarquable d’autochromes.
Au coeur de cet espace, une vidéo met en avant cette technique inventée par les frères Lumière qui permettait d’obtenir des images colorées. Durant le conflit, des photographes missionnés par la section photographique des armées (SPA) ou par le banquieret mécène Albert Kahn se rendent sur le front et saisissent la guerre en couleurs. Jules Gervais-Courtellemont, Fernand Cuville ou encore Jean-Baptiste Tournassoud sont les plus connus de ces photographes et ont capturé des scènes de vie quotidienne plutôt que des combats, offrant un regard en couleurs de la guerre.

III- Couleurs et uniformes

À la fin du 19e siècle, les uniformes européens conservent des teintes vives, symboles de tradition et de prestige. La vivacité des couleurs des uniformes affirme le prestige du militaire dans le monde civil.
Au début du 20e siècle, plusieurs armées européennes ont adopté des teintes dites « neutres » pour leurs uniformes. Le Royaume-Uni, en premier, retient le kaki en 1902 et l’Empire allemand adopte le feldgrau en 1907.
Seule la France républicaine conserve la capote gris-de-fer-bleuté et surtout le pantalon rouge, adopté en 1829, sur lequel se focalisent de vifs débats sur les changements d’uniformes.
Étienne Clémentel (1864-1936), rapporteur du budget du ministère de la Guerre, proclame « Faire disparaitre tout ce qui est couleur, tout ce qui donne au soldat son aspect gai, entraînant, rechercher des nuances ternes et effacées, c’est aller contre le goût français et contre les exigences de la fonction militaire. »
Sous l’impulsion d’Adolphe Messimy, ministre de la Guerre, des tentatives de réforme voient le jour, notamment avec l’adoption d’une nouvelle teinte, appelée drap tricolore, pour les uniformes. Face auxlourdes pertes et au manque d’équipement dès l’automne 1914, l’armée doit improviser. Les uniformes sont simplifiés et confectionnés avec des tissus variés : stocks anciens, importations, réquisitions civiles ou matériaux de récupération. Cette partie de l’exposition montre comment en août 1914, Maurice Allain, directeur de la confection de la société Balsan à Châteauroux, propose une nouvelle teinte plus adaptée aux réalités de la guerre moderne : le « bleu horizon ».
Adopté en août 1914, distribué à partir du printemps 1915, et porté seulement jusqu’en 1921, le bleu horizon devient l’emblème du Poilu de la Grande Guerre. L’exposition aborde également la teinte dite « moutarde ». Les zouaves et les tirailleurs délaissent progressivement leurs uniformes traditionnels, trop voyants, au profit d’un kaki tirant vers le jaune plus discret, mieux adapté aux combats de tranchées et aux nouvelles conditions du champ de bataille.

Cette partie de l’exposition est également dédiée au camouflage, qui marque une évolution vers une dissimulation systématique et stratégique. Dès 1915, des artistes comme Louis Guingot ou Guirand de Scévola participent à la création de la section de camouflage.
Formes et couleurs se combinent pour tromper l’ennemi sur la taille et la forme réelles du matériel employé. Inspiré des teintes naturelles — vert, brun, ocre, beige — le camouflage marque une nouvelle étape dans l’usage stratégique de la couleur.

Deux soldats au lavoir «Vive la classe 1892 !» Jules Monge (1855-1934) France, 1893 Lithographie 2011.0 Musée Bossuet, Cité épiscopale, Meaux

1/8 - Deux soldats au lavoir «Vive la classe 1892 !» Jules Monge (1855-1934) France, 1893 Lithographie 2011.0 Musée Bossuet, Cité épiscopale, Meaux

La corvée de patates Jean-Baptiste Tournassoud - France, 1913 Plaque autochrome CE2025.34.3 Musée de la Grande Guerre, Meaux

2/8 - La corvée de patates Jean-Baptiste Tournassoud - France, 1913 Plaque autochrome CE2025.34.3 Musée de la Grande Guerre, Meaux

Fantassin français sur le front des Dardanelles France, 1915 Laine CAPM H.20F Musée de la Grande Guerre, Meaux/D. Rase

3/8 - Fantassin français sur le front des Dardanelles France, 1915 Laine CAPM H.20F Musée de la Grande Guerre, Meaux/D. Rase

La Baïonnette n°18 du 4 novembre 1915 E. Riblaudo France, 1915 Imprimé 2006.8.3.0 Musée de la Grande Guerre, Meaux

4/8 - La Baïonnette n°18 du 4 novembre 1915 E. Riblaudo France, 1915 Imprimé 2006.8.3.0 Musée de la Grande Guerre, Meaux

Mamey septembre 1914 Jean Veber - France, 1914 Estampe 2006.1.1979 Musée de la Grande Guerre, Meaux/Y. Marques

5/8 - Mamey septembre 1914 Jean Veber - France, 1914 Estampe 2006.1.1979 Musée de la Grande Guerre, Meaux/Y. Marques

[Explosions] Louis Veyssière (1895-1974) France, premier quart du 20e siècle Gouache sur papier Don Bluwal 2024 Musée de la Grande Guerre, Meaux

6/8 - [Explosions] Louis Veyssière (1895-1974) France, premier quart du 20e siècle Gouache sur papier Don Bluwal 2024 Musée de la Grande Guerre, Meaux

Casque d’essai « réséda » modèle troupe, 2e type France, 1912 Feutre, carton, laiton, cuir 2013.4.1 Musée de la Grande Guerre, Meaux/D. Rase

7/8 - Casque d’essai « réséda » modèle troupe, 2e type France, 1912 Feutre, carton, laiton, cuir 2013.4.1 Musée de la Grande Guerre, Meaux/D. Rase

Tenue et sac États-Unis, vers 1910 Taffetas de soie, métal et perles synthétiques CE2019.24.1, CE2019.24.2, CE2025.21.9, ACQ2019.16.1 Musée de la Grande Guerre, Meaux/Y. Marques

8/8 - Tenue et sac États-Unis, vers 1910 Taffetas de soie, métal et perles synthétiques CE2019.24.1, CE2019.24.2, CE2025.21.9, ACQ2019.16.1 Musée de la Grande Guerre, Meaux/Y. Marques

IV- Les symboliques des couleurs

Au-delà de sa dimension matérielle — pigment, colorant, matière ou lumière — la couleur est aussi une construction culturelle et sociale, liée à un contexte historique, géographique et culturel. Chaque couleur peut être associée à des symboles et des valeurs qui varient selon les époques et les sociétés. Elle peut évoquer une idée commune ou susciter une émotion collective, mais aussi revêtir des significations contradictoires.
L’historien Michel Pastoureau distingue six couleurs principales — noir, blanc, rouge, jaune, vert et bleu — ainsi que cinq « demi-couleurs » : marron, orange, rose, violet et gris. À ces catégories s’ajoute une infinité denuances aux noms parfois poétiques.
Des objets et oeuvres sont présentés dans cette partie et analysés à travers le prisme de leurs couleurs : la robe noir d’une veuve de guerre, le passepoil jonquille des Chasseurs alpins, le marron d’un ceinturon de soldat, le brassard blanc d’un personnel du service de
santé… Découvrir ces collections permettra aux visiteurs de comprendre les significations symboliques et les sens cachés ou apparents des couleurs pendant la Grande Guerre.

Une douche sonore diffuse également les discours des lauréats du concours d’éloquence oganisé par le musée en 2026. Pour cette 7e édition, le musée a proposé aux élèves de travailler sur la thématique : « France, 1919 : toutes et tous en violet ! » Les candidats ont prononcé un discours autour dudit thème, en s’appuyant sur un objet de la collection présenté au sein de l’exposition : une tenue de suffragette.

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