Université d'été - Musée de la Grande Guerre
Évènements, Nos conférences, Visites guidées

01 juillet 2023

de 9h30 à 18h
Gratuit
Sur réservation

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Université d'été

L’université d’été du musée, présidée par l’historien François Cochet, sera consacrée aux « Femmes dans la Grande Guerre».

Historiens, chercheurs et professionnels se réuniront pour ce rendez-vous incontournable de l’année.

 

Programme

9h30 Introduction
François Cochet

10h – Les mères des combattants
Stéphanie Couriaud
Lorsque nous évoquons les mères durant la Grande Guerre, nous pensons aux épouses des combattants ayant élevé seules leurs enfants pendant que leurs maris étaient au front. Nous ne pensons pas immédiatement aux mères ayant un ou plusieurs fils sur le front. Comment ces mères ont vécu la séparation avec leurs fils ? Quels liens ont-elles pu garder avec leurs fils ? À travers les écrits de ces mères, nous tenterons de comprendre leurs angoisses, leurs peines, leurs joies ainsi que le rôle important qu’elles ont pu avoir sur le moral de leurs fils.

10h45 – L’implication féminine dans les œuvres de guerre
Claire Saunier-Le Foll
« Il n’est pas de sous-préfecture, presque pas de chef-lieu de canton où les femmes françaises n’aient organisé des entreprises ayant pour but de venir en aide aux victimes directes ou indirectes de la guerre ».  Déformée par la caricature de la dame patronnesse désuète – marqueur d’un antiféminisme certain – , oubliée par les débuts de la professionnalisation d’une action sociale qu’elle a pourtant contribué à faire naître, l’implication féminine dans les œuvres de guerre qui seront reconnues par la loi du 30 mai 1916 est pourtant massive dès le début du conflit et pleinement partie prenante de l’effort de guerre. Elle nous incite à poser la question de sa continuité avec la philanthropie féminine qui avait
tenté de prendre en charge dans les deux décennies précédentes les maux d’une société industrielle en plein développement : dans quelle mesure y a-t-il permanence des structures et des personnels ? S’occupe-t-on au sein des œuvres de ses proches ou bien des autres ? Au-delà de la description formelle des « œuvres », peut-on évaluer leur rôle, leur pertinence et même leur efficacité ? Enfin, de quels enjeux idéologiques l’engagement dans les œuvres est-il porteur pour les femmes, dans leur rapport politique avec les autorités locales et avec la Nation ? À travers des exemples nationaux et le cas d’un département proche du front, la Seine- Inférieure, le propos est ici de tenter de dresser un bilan de cet engagement exceptionnel par sa durée et par ses formes.

11h30 – Visite guidée de l’exposition : « Infirmières, héroïnes silencieuses de la Grande Guerre »
Johanne Berlemont

12h30-13h30 – Déjeuner

13h30 – Marraine de guerre, une expérience plurielle
Aliénor Gandanger

C’est quoi être une marraine de guerre en 1916 ? Comment le devient-on ? Quelles sont les motivations ? Quelles en sont les conséquences ? À la fois inédite et unique, découvrons l’expérience de trois marraines de guerre dont le parcours au premier regard semble bien différent. Leur point commun : avoir tissé un lien privilégié avec un soldat lors du conflit. Partons donc à la découverte de la pluralité de réalités et de pratiques derrière le mot si populaire en temps de guerre : marraine de guerre.

14h15 – Tenir et maintenir. Femmes de la noblesse française dans la Grande Guerre
Bertrand Goujon

Été 1914. L’attentat de Sarajevo met un coup d’arrêt brutal aux mondanités de la Belle Époque. Déchirées par les séparations qu’occasionne la mobilisation, ouvrant pour certaines leurs châteaux aux blessés militaires et aux réfugiés, poussées parfois sur les routes par l’avancée des troupes allemandes, les femmes de la noblesse française ne sont pas toutes épargnées par les pillages et les bombardements. En l’absence des hommes, il leur faut aussi assumer la gestion des patrimoines et entretenir les réseaux d’influence qui participaient de la notabilité d’avant-guerre.
Si d’aucunes trouvent espérance et consolation dans leur foi et leur patriotisme, nombre d’entre elles tiennent le « front intérieur » et, en sus de soutenir leurs proches enrégimentés par tous les moyens, dont elles disposent s’engagent auprès des soldats et des victimes civiles, au sein de la Croix-Rouge ou dans des œuvres de guerre, tandis que d’autres résistent à l’occupant en zone envahie, parfois au péril de leur sécurité et au détriment de leurs intérêts particuliers.
Pour la plupart, l’essentiel reste néanmoins de maintenir leur rang, fragilisé par une hécatombe qui a décimé leurs fils et époux, mené certaines au bord de la ruine et conduit d’autres à la mésalliance, à la professionnalisation et/ou à des compromissions qui peuvent leur valoir réprobation sociale et procédures policières ou judiciaires.
Fort d’une immense masse d’archives (correspondances, journaux intimes, chroniques mondaines…), Bertrand Goujon retrace des trajectoires individuelles et collectives au sein d’un groupe social qui était jusqu’à présent resté négligé dans l’histoire des femmes pendant la Première Guerre mondiale.

15h15- La Grande Guerre des Seine-et-Marnaises à travers les fonds des archives départementales de Seine-et-Marne
Olivier Plancke et Justine Queuniet, archives départementales de Seine-et-Marne.
La marraine, la veuve, l’ouvrière, la philanthrope, la suspecte… Au cours du premier conflit mondial, les rôles assignés aux femmes, et/ou choisis par elles, sont multiples. En zone des armées ou à l’intérieur, leurs expériences se sont parfois inscrites dans les documents judiciaires, associatifs, d’entreprises… Les Archives départementales de Seine-et-Marne proposent une brève exploration de leurs collections pour se figurer les parcours individuels, familiaux ou collectifs de Seine-et-Marnaises de tout âge pendant la Grande Guerre.

16h – Conclusion
Francois Cochet

Les intervenants

  • François Cochet, historien, professeur émérite à l’université Lorraine-Metz et président de l’université d’été du musée.
  • Stéphanie Couriaud, professeure des écoles, enseignante à l’institut d’études thérésiennes à Lisieux, diplômée d’un Master 2 en histoire et connaissance des civilisations. Les recherches de Stéphanie Couriaud portent sur les mères des combattants de la Grande Guerre
  • Claire Saunier-Le Foll, chargée de cours à l’Université du Havre-Normandie et chercheuse associée au LARHRA (Université Lyon 2) et au GRIC (Université du Havre-Normandie).
  • Johanne Berlemont, responsable du service conservation du musée de la Grande Guerre.
  • Aliénor Gandanger, doctorante en Histoire contemporaine.
  • Bertrand Goujon, agrégé d’histoire, maître de conférences habilité à diriger les recherches en Histoire contemporaine à l’université de Reims Champagne-Ardenne, spécialiste de l’histoire des élites européennes au XIXe et au début du XXe siècle.
  • Olivier Plancke et Justine Queuniet, archives départementales de Seine-et-Marne.