Université d'été - Musée de la Grande Guerre
Conférences, Évènements, Visites guidées

04 juillet 2026

de 9h30 à 18h
Gratuit
Sur réservation (bientôt disponible)

Réservez vos places

Université d'été

Cette nouvelle édition de l’université d’été est dédiée à la place des couleurs dans la Grande Guerre, en lien avec l’exposition temporaire et se déroulera le Samedi 4 juillet 2025 de 9 h à 18 h.

Chercheurs, historiens de l’art, spécialistes du conflit et invités partageront leurs analyses et leurs découvertes autour de l’usage, de la fonction et de la symbolique des couleurs durant la Grande Guerre.
Une visite guidée de l’exposition menée par la responsable de la conservation complètera ce rendez-vous incontournable où historiens, chercheurs et professionnels se réunissent.

Un rendez‑vous passionnant pour approfondir un sujet original et mieux comprendre les coulisses de cette exposition incontournable.

En partenariat avec l’association des professeurs d’histoire géographie

 

En savoir plus sur l’exposition « Couleurs de guerre »

Programme de la journée

9h30-10h : Introduction
par François Cochet, historien, professeur émérite à l’université Lorraine-Metz et président de l’université d’été du musée

10h-10h45 : Les couleurs de la Grande Guerre dans les archives de Seine-et-Marne
par Olivier Plancke, agrégé d’histoire-géographie, chargé de mission recherche et valorisation scientifique et professeur-relais de l’académie de Créteil aux Archives départementales de Seine-et-Marne et Justine  Queuniet, cheffe du service de l’Action éducative aux Archives départementales de Seine-et-Marne

Le mot « archive » évoque souvent des images en noir et blanc. Pourtant, entre 1914 et 1918, la couleur est omniprésente : sur les affiches, les cartes, les dessins, dans les correspondances… du document le plus officiel au billet doux. Parfois esthétique, elle est souvent porteuse de sens.

Cinquante nuances d’archives administratives, familiales, communales… révéleront cette richesse chromatique des fonds de la Grande Guerre conservés aux Archives départementales de Seine-et-Marne.

10h45-11h30 :  La vie en rose… Peut-on coloriser les images d’archives ?
par Eric Deroo, réalisateur, historien, ancien chercheur associé au CNRS

Depuis plus de 20 ans, à la demande des chaines et des producteurs de télévision, de nombreux réalisateurs de documentaires historiques se sont lancés dans la colorisation des images d’archives historiques en noir et blanc. Demande des diffuseurs pour gagner un public plus jeune, de renouveler le genre, de mettre l’histoire à portée de tous, avec pour argument « mais les gens voyaient en couleurs à l’époque… », ont fini par cantonner l’usage du noir et blanc aux films à petits budgets. Avec l’IA, cet argument ne tient plus et on assiste désormais à des montages alternant images colorisées, d’autres reconstituées et même dialogues recréés de toute pièce. Cette démarche, anachronique, qui s’inscrit dans les pratiques téléologiques en vogue, nie toute la dimension, non seulement artistique du noir et blanc mais plus encore la valeur historique des images. Qui les a prises, dans quel contexte, puis quand apparaît la couleur, pour qui, comment… Elles sont à nouveau renvoyées à un rôle purement illustratif sans jamais être questionnées sur ce qu’elles sont. Autant de thèmes que Eric Deroo propose d’aborder dans cette conférence.

11h30-12h30 : visite de l’exposition temporaire « Couleurs de guerre »
Par Johanne Berlemont, responsable du service conservation du musée

13h30-14h15 : Fierté, honneur et couleur ! Le guerrier est son éternel dilemme : visibilité ou efficacité ?
par Gilles Aubagnac, conservateur du patrimoine, ancien élève de l’ESM de Saint-Cyr (1979-1981), breveté de l’enseignement militaire supérieur, diplômé de l’Institut national du patrimoine (1996-1997).

Après une première partie de carrière spécifiquement militaire il a été, en particulier, conservateur au musée de l’Armée (1997-2001), du musée de l’Artillerie (2001-2010) et au musée de l’Air de de l’Espace (2013-2021). Il a aussi siégé dans de nombreux conseils scientifiques dont celui qui a participé à la création du musée de la Grande Guerre de Meaux. Il a publié de nombreux articles et ouvrages dans les domaines de l’histoire militaire, des sciences et techniques et de la muséologie.

« Les uniformes d’autrefois […] étaient riches, soutachés, tressés, rehaussés d’ornements étincelants, empanachés d’aigrettes, de plumets, de flammes superbes et impressionnantes. Ce dernier vocable explique la philosophie de leur genèse et de leur pompeux développement. Il y avait en effet une portée morale dans la beauté de ces harnais de guerre… Le but recherché était de faire des soldats d’une beauté impressionnante et terrible, pour rajouter encore à l’effet magique de la ruée pour l’assaut … Pour cet acte suprême, les hommes couleur de terre, couleur de bois ou couleur de gazon fané qui se lèvent des sillons coiffés de pots renversés, auront une esthétique peu impressionnante, inhabile à jeter l’épouvante dans le cœur de l’ennemi ».

Ce texte a été écrit par le général Cherfils en 1887 au moment où il était envisagé, dans des cercles minoritaires, de modifier les uniformes de l’armée française et d’abandonner le pantalon garance. Il a fallu dépasser cette conviction, largement partagée à la fin du XIXe et peu avant 1914, pour arriver à la tenue Bleue horizon au début de la Première Guerre mondiale. Tout le XXe siècle est ensuite illustré, dans le domaine militaire français, par cette tension : vaincre avec une tenue utile, pratique mais … belle. Cette conférence s’attachera à monter cette évolution des tenues, surtout françaises, après la Grande Guerre car l’histoire de la couleur des uniformes est aussi une histoire des représentations.

 

14h15-15h : Saisir la Grande Guerre en couleurs : un défi pour l’historien
par Erwan LE GALL, Docteur en histoire contemporaine de l’Université Rennes 2, chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC EA – 4451 / UMS 3554), professeur-référent Hautes études internationales et politiques (HEIP, campus de Rennes).

S’il ne fait aucun doute que les poilus, d’août 1914 à novembre 1918, voient le conflit auquel ils participent en couleur, dire précisément en quoi celles-ci consistent est un défi de taille pour l’historien tant la documentation est, sur ce point, aveugle. Pourtant, le paradoxe est que les sources sont loin d’être uniquement en noir et blanc, bien au contraire. Mais nos représentations mentales sont trompeuses et il ne faut pas tenir pour argent comptant le rouge garance des pantalons de 1914 ou le bleu horizon des uniformes perçus en 1915. La perception des couleurs de la Grande Guerre est affaire éminemment subjective et c’est en définitive ce regard des contemporains qu’il faut retrouver, presqu’au cas par cas tant les variables rentrant en jeu sont innombrables.

 

15h15-16h : Un impressionnisme de guerre ? Le luminisme méconnu de la peinture en Grande Guerre
par Claire Maingon, professeure en histoire contemporain, Université Bourgogne-Europe, laboratoire Lir3S.

Dans le cadre de missions artistiques sur le front, les peintres ont su démontrer que la couleur avait toujours son rôle à jouer dans la représentation des faits historiques contemporains, fussent-ils aussi tragiques que la Grande Guerre. Au-delà de la couleur, la lumière vient aussi délivrer un message qui prend des accents symbolistes et impressionnistes dans les œuvres de Charles Duvent, orientaliste ayant grandi dans l’héritage de l’impressionnisme, et d’Henry Valensi. Ce dernier, attaché au quartier général du corps expéditionnaire des Dardanelles, a livré un ensemble d’aquarelles dont il rattache l’esthétique à celle de l’impressionnisme. Faisant souvent face à des paysages de ruines, de cathédrales notamment, certains peintres comme Tattegrain semblent reproduire la posture de Monet devant le motif. Cette conférence propose de réfléchir à ce corpus méconnu des peintres de la Grande Guerre. La lumière, loin d’atténuer la gravité des sujets représentés, peut-elle agir comme un puissant vecteur de symbolisme au service d’une iconographie autre que patriotique?

 

16h : Conclusion,
Par François Cochet, historien, professeur émérite à l’université Lorraine-Metz et président de l’université d’été du musée.

 

Informations pratiques

  • Gratuit – sur réservation
  • Restauration sur place